L’éducation aux images est pour moi avant tout une éducation artistique : montrer des films, en discuter, partir de ce que les élèves / étudiants disent et avec eux découvrir la construction des films, la démarche des réalisateurs-trices.
C’est particulièrement important de défendre cela par rapport au genre documentaire auquel on dénie parfois cette approche artistique, et que je trouve intéressante de mettre en avant ( un auteur, un point de vue, des façons de faire particulières)
C’est un partage d’émotions, de sensibilités, c’est essayer de comprendre ce que me fait un film en comprenant ce qu’a voulu faire le réalisateur, et c’est aussi une approche critique ( comprendre pourquoi ça me plaît, pourquoi ça me dérange ?)
C’est aussi une pratique issue de l’éducation populaire, ce n’est pas faire un exposé, aligner des connaissances sur une oeuvre, mais à partir des propos des enfants ou jeunes préciser des choses, creuser pour accéder à ce qui est pour moi très important le lien entre forme et fond, et en particulier sur des sujets sociaux tels que ceux que l’on peut proposer à Filmer le travail.
Ces temps là de visionnages peuvent être complétés de temps de pratique, grâce à des ateliers ( dessins, sons, audiovisuels), par l’expérience critique à travers le Journal du festival auquel participent une vingtaine d’étudiants chaque année, et la participation à des jurys ( jury lycéen, jury étudiant) et la reprise par les étudiants eux mêmes d’une séance en salle qu’ils/ elles animent.
J’ajoute que l’éducation aux images ne se limite pas aux plus jeunes, et que par des jurys amateurs on peut également proposer de telles expériences à des adultes.
Dans ma pratique , avoir la même exigence à tous les âges, et proposer des documentaires dès le plus jeune âge . Ca marche !