Faire réseau quand on est une petite structure

Dans mon cas, l’éducation aux images ne peut pas se penser sans le travail en réseau. C’est même une condition indispensable à la mise en place, à la qualité et au développement des actions, que ce soit en temps scolaire, hors temps scolaire ou sur le temps du festival.
Pour autant, je ne fais pas partie d’un encadrement ou d’un dispositif spécifiquement dédié à l’animation de réseau, et je travaille au sein d’une toute petite équipe, avec des moyens humains et financiers limités.

Pour nous, le réseau se construit donc avant tout action par action, de manière très concrète, à partir des besoins des projets. Je m’appuie systématiquement sur des partenaires locaux, des structures culturelles, éducatives ou sociales, ainsi que sur des intervenant·e·s spécialisé·e·s. Par exemple, nous nous associons régulièrement à des associations expertes des thématiques abordées dans les films et les ateliers (comme Le Girofard pour les questions LGBTQIA+ ou Médusyne pour les thématiques féministes), afin de garantir des interventions qualitatives et adaptées aux publics.

Ce travail en réseau permet de mutualiser les compétences, d’enrichir les projets et de ne pas porter seule l’ensemble des enjeux pédagogiques, artistiques et sociaux.
Si le réseau est indispensable, il est aussi très exigeant. Il demande beaucoup de temps, une forte mobilisation et une réelle capacité de coordination. En étant seule à porter les projets d’éducation aux images en dehors du temps de festival, il peut être difficile de tout assumer : conception, coordination, médiation, suivi des partenaires, présence sur le terrain.

Le manque de moyens financiers constitue également une limite : il n’est pas toujours possible de déléguer certaines missions ou de faire appel autant que souhaité à des partenaires extérieurs ou à d’autres professionnel·le·s de l’éducation aux images.

Je rebondis sur ce qu’a dit Pauline au sujet des frustrations qui peuvent aussi apparaître lorsque les projets se déploient dans des cadres très contraints, notamment dans des structures à hiérarchie complexe comme le quartier mineur en milieu carcéral, où les temps de validation et de mise en œuvre sont longs et parfois difficiles à anticiper et ou la marge de manœuvre est stricte.

Je pense aussi que le lien avec les équipes pédagogiques et les enseignant·e·s est également fondamental. Ce sont souvent eux et elles qui assurent la continuité des projets, leur ancrage local et leur prolongement dans le temps.

Pour renforcer l’animation de réseau il serait peut-être intéressant d’instaurer plus régulièrement des temps d’échange comme ceux que vous proposez, dédiés entre acteur·rice·s de l’éducation aux images, au-delà des projets ponctuels, de mettre en place des outils communs, notamment pour la médiation (supports, ressources pédagogiques).
L’idée d’une plateforme partagée, permettant de centraliser des outils pédagogiques, des ressources, des contacts ou des retours d’expérience, pourrait constituer un levier intéressant pour faciliter le travail en réseau et gagner du temps au quotidien.

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