1. Arnaud — Le réseau comme condition de réussite
Arnaud pose d’emblée le réseau comme une notion indispensable pour réussir une action d’éducation aux images. Il souligne que le travail en réseau permet de développer l’action et d’être plus efficace, particulièrement dans un contexte de restrictions budgétaires.
Illustration concrète : Arnaud cite un parcours mené avec trois festivals partenaires, visant la sensibilisation au cinéma et l’apprentissage d’outils pour parler du cinéma et développer les publics, notamment les jeunes spectateurs. Cette initiative n’aurait pas pu exister sans le réseau.
Limites identifiées : La dimension financière reste un frein majeur. Le projet a pu voir le jour grâce à l’appel à projets CNC 15-25 en 2024, mais la mobilisation de ressources humaines pour la recherche de financements hypothétiques est chronophage. Les réussites en matière de réseau restent donc dépendantes de moyens financiers à trouver.
2. Valérie — Le défi de faire réseau malgré l’hétérogénéité
Valérie élargit la perspective en rappelant qu’au niveau national, les pôles régionaux sont des lieux d’observation et de ressources, rassemblant des données qualitatives et quantitatives.
Obstacles à la mise en réseau : Faire se rencontrer les acteurs reste difficile du fait de l’éloignement géographique, du manque de temps et des coûts associés. Néanmoins, ces temps de rencontre sont reconnus comme précieux.
Expérience du Pôle ImagINA : Un petit réseau régional a été construit, mais Valérie insiste sur le fait que faire réseau n’est « pas si facile ». Les structures sont hétérogènes : elles portent des idées différentes, des définitions différentes des concepts, des actions et des représentations variées.
Recommandation : Il est important de « dézoomer » — c’est-à-dire de prendre du recul pour voir les choses au niveau national et d’intégrer dans la réflexion les autres acteurs de la filière cinématographique au-delà de l’éducation aux images stricto sensu.
3. Marina — S’appuyer sur des acteurs structurants
Marina intervient depuis le Festival de Saint Jean de Luz. Elle témoigne du fait que son festival s’appuie fortement sur Cinévasion et CINA (Cinéma en Nouvelle-Aquitaine).
Bénéfices du partenariat : L’association avec ces acteurs structurants permet de mener des actions qualitatives, adaptées au public local de Saint Jean de Luz. Le festival organise aussi d’autres événements en dehors de sa programmation principale.
Limites rencontrées : Comme d’autres, Marina pointe les freins liés aux financements et au temps disponible.
4. Aurore — Convergence des acteurs et parcours des bénéficiaires
Aurore évoque des exemples réussis de mise en réseau et de coopération, soulignant qu’il est possible de créer des moments de réseau entre partenaires.
Enjeux des pôles régionaux : Elle rappelle que ceux-ci doivent s’adresser à tous les publics et couvrir différents temps et espaces : hors temps scolaire, temps scolaire, festivals.
Constat partagé : Il manque des occasions de se rencontrer davantage.
Idée-clé : Si l’on parle souvent du parcours des bénéficiaires (les publics), il faut aussi parler de la convergence des acteurs — c’est-à-dire de la manière dont les professionnels eux-mêmes peuvent construire des chemins communs.
5. Pauline — Créer des temps d’échange malgré les hiérarchies
Réussites mentionnées : Pauline cite les journées départementales sur les dispositifs hors temps scolaire comme un exemple de bonne pratique. Ces temps permettent d’échanger avec les professionnels pour mieux construire leurs projets et facilitent le lien entre intervenants cinéma et acteurs du champ social.
Conviction : Il faut créer des temps d’échange.
Frustrations : Pauline pointe l’existence de nombreuses hiérarchies (institutionnelles, structurelles) qui compliquent la mise en place de ces temps d’échange.
Outil existant : Le site internet d’ImagINA permet de relayer des informations au niveau régional, constituant ainsi un outil commun au service du réseau.
6. Julia — Mutualiser les outils et renforcer le lien avec l’Éducation nationale
Julia souligne que l’Éducation nationale et les enseignants constituent un relais très important pour l’éducation aux images. Entretenir les liens avec eux est essentiel.
Réflexion sur les outils : Les différents acteurs produisent des dossiers et des outils complémentaires. Cependant, Julia observe que parfois les structures font la même chose en parallèle. Elle suggère qu’il faudrait centraliser ces ressources ou créer des ponts pour partager les outils avec l’ensemble des acteurs qui font de l’éducation aux images.
7. Sébastien — Dialogue local et visibilité politique des dispositifs
Sébastien, coordinateur du dispositif Lycéens et apprentis au cinéma, fait le lien avec le dispositif « Ma classe au cinéma ».
Constats de transversalité : Malgré des structures très différentes, les acteurs font face aux mêmes interlocuteurs (salles, enseignants, collectivités), rencontrent les mêmes difficultés et partagent des problématiques communes. Les coordinateurs sont nombreux, que ce soit pour les collèges ou les lycéens.
Rencontres nationales : Le CNC permet des rencontres à l’échelle nationale.
Manque au niveau local : Sébastien regrette l’absence de possibilités de dialogue plus soutenu au niveau local. Ce dialogue serait utile pour promouvoir la force des dispositifs auprès des élus — les ateliers, les médiations, les formations ont un poids politique qu’il conviendrait de valoriser.
Propositions :
- Créer une instance de dialogue locale (une ou deux fois par an)
- Organiser un rendez-vous annuel régional pour faire connaître les projets menés l’année précédente et mettre en commun les réalisations
Grandes thématiques transversales
Cette mindmap révèle un consensus fort sur la valeur stratégique du travail en réseau tout en mettant en lumière les obstacles structurels (temps, argent, hétérogénéité) et les pistes d’amélioration (rencontres régulières, mutualisation des outils, dialogue local, visibilité politique).